Heureux comme des parents en télétravail

Oct 14, 2022
Heureux comme des parents en télétravail

De nombreux parents envisagent de démissionner si le télétravail leur est refusé par leur employeur. Une tendance qui s’installe désormais.

Le télétravail, la solution royale pour les parents ? En tout cas, il semble bien que ces derniers plébiscitent les remote jobs. Les études se succèdent et elles disent toutes la même chose. Exemple : une enquête du site Flexjobs (2021), 62 % des salariés parents se disaient prêts à quitter leur emploi pour un autre s’il n’y avait aucune possibilité de télétravailler. 

Pour pouvoir disposer d’une telle option, certains parents interrogés sont même prêts à accepter une diminution de salaire (19 % proposant acceptant même une diminution de 10 %), 23 % sont prêts à raccourcir leur temps de congés annuels et 17 % affirment être prêts à effectuer davantage d’heures de travail.  C’est si dire si le télétravail est aujourd’hui vu par les employés comme un choix incontournable que l’entreprise pour laquelle ils travaillent se doit de leur proposer.

Télétravail : les mères particulièrement concernées

D’ailleurs, selon des données analysées par le cabinet Mc Kinsey, les parents ont été plus nombreux à quitter leur emploi ces derniers mois que leurs collègues non-parents. En cause, explique Mc Kinsey, « l'épuisement dû aux pressions concurrentes du travail à domicile et à la nécessité de jongler avec les responsabilités de garde d'enfants, ainsi qu’à la réévaluation de l’équilibre global entre vie professionnelle et professionnelle ». Un réalignement des priorités particulièrement présent depuis la crise sanitaire. Notamment chez les femmes, bien plus nombreuses que les hommes à porter la charge mentale associée à la garde des enfants.

Selon une étude Catalyst (2021) qui a interrogé 7 400 employés dans le monde entier, les mamans (avec enfant(s) à charge) sont 32 % de moins susceptibles de quitter leur job si leur est offerte la possibilité de travailler à distance. Pour Tara Van Bommel, statisticienne chez Catalyst, la cause est entendue : « L’accès au télétravail permet aux gens de faire leur travail de la meilleure façon possible pour eux au meilleur moment possible compte tenu de leurs horaires »1. Une autre façon de dire que la flexibilité dans le cadre du travail est aujourd’hui un must.

Car, il ne faut surtout pas se tromper. La vraie flexibilité, celle réclamée désormais par les salariés, n’est pas, par exemple, les modalités d’un télétravail décidés de manière unilatérale par l’employeur (disons à titre d’illustration deux jours par semaine et uniquement depuis le domicile). Bien au contraire. L’immense majorité des employés interrogés sur le sujet estime qu’ils doivent pouvoir choisir quand et d’où ils travaillent.

Les nomades digitaux aussi

Une demande poussée jusqu’à sa conclusion logique par les nomades digitaux, « working globe trotters », maîtres de leur temps et de l’espace. Et surprise. Ceux-ci ne sont pas uniquement composés de jeunes professionnels sans responsabilités familiales. Selon, Hila Klein, COO de Fiverr, la plateforme dédiée aux freelances, ce serait même plutôt l’inverse. « Les nomades digitaux concernent également les personnes ayant une famille (…) », explique-t-elle.

D’ailleurs, selon des statistiques dévoilées par Hila Klein, 70 % des nomades numériques dans le monde ont entre 35 et 44 ans, tandis que 13 % ont entre 45 et 55 ans, 45 % sont mariés et 70 % sont parents.

La généralisation du télétravail et plus généralement des modalités de flexibilité (semaine de quatre jours, etc.) dépasse de loin le seul cadre de l’organisation de l’entreprise, on le voit. Elle contribue, en fin de compte, à nous donner la possibilité de choisir nos modes de vie. En ce sens, c’est bien une révolution sociétale que nous vivons actuellement.  

 

1 Citée par le site CNBC
2 Site du magazine Calcalist

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