Le « Great Reshuffle » est celui de la flexibilité

Jul 14, 2022

La demande de flexibilité (télétravail, horaires à la carte, semaine de 4 jours…) est désormais la grande demande des salariés sur le marché du travail. Aux entreprises désormais de savoir y répondre. Incontestablement, une révolution est en cours.

Madi Mucha préfigure-t-elle le futur du travail ? A 24 ans, cette jeune britannique  issue de la Génération Z, a décidé de n’exercer son métier qu’en full remote [1]. Mais plutôt que de travailler depuis un lieu fixe, elle a choisi de le faire depuis les quatre coins du monde.

Depuis juillet  2021, date où elle intègre sa nouvelle entreprise, cette chargée de clientèle a effectué ses missions tout en voyageant sur trois continents : Amérique centrale et du sud (Colombie, Guatemala, Mexique, Costa Rica), Europe (Italie, France, Belgique) et Afrique (Kenya).

Immensément satisfaite de son mode de vie (qui lui permet même d’économiser de l’argent explique-t-elle), elle conseille à tous ceux qui voudraient en faire de même de privilégier  les jobs étiquetés « remote ». Et à en croire les dernières études parues, les salariés vont être de plus en plus nombreux à vouloir suivre l’exemple de Madi.

De la Great Resignation au Great Reshuffle

Désignée sous le nom de Great Resignation (ou Big Quit), la vague de démissions qui avait vu aux Etats-Unis 48 millions de salariés quitter leur emploi ne s’est pas tari en 2022. Sur les deux premiers mois de l’année, déjà 8,6 millions de personnes ont choisi d’aller voir ailleurs. Et selon les prévisions, 55 % des employés américains (dont, tendance nouvelle de plus en plus de managers) pourraient en faire de même. Ce ne sont pas les seuls. La tendance est désormais mondiale.

La preuve avec la France. Selon les chiffres rapportés par le magazine Capital, la Dares (le service des statistiques du ministère du Travail) comptabilisait un chiffre record de plus de 400.000 démissions au troisième trimestre 2021. En deux ans, de juillet 2019 à juillet 2021, la proportion a bondi de 20 %. De fait, les ruptures de CDI sont au plus haut depuis 2007.

Pour comprendre ce qui désormais ne constitue plus un épiphénomène lié aux suites de la crise du Covid-19 mais bel et bien une tendance de fonds, ne parlez plus de Great Resignation mais de Great reshuffle (que l’on traduira par le grand chambardement) qui touche aujourd’hui le marché du travail. Ce dernier est porté par la demande de flexibilité émanant des salariés ; demande transversale à tous les secteurs de l’économie.

Le maître-mot : flexibilité

Pour Nick Lillios, PDG de Nowsta, société technologique spécialisée dans le paiement des salaires,  la cause est entendue : « Si les deux dernières années nous ont appris quelque chose, c'est que la flexibilité est essentielle dans tous les aspects de la vie. La flexibilité est très demandée sur le marché du travail. Nous avons transformé notre façon de travailler et cela ne fera que s'accélérer dans les années à venir. Non seulement les employeurs voient les avantages de ce mode de travail, mais les employés sont plus à même de prendre en main leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. »

2022, année de la flexibilité ? Elle est en tout cas bien partie pour l’être. Comme le révèle le rapport « People at Work 2022 : l'étude Workforce View », publié ce mercredi 13 juillet par l'ADP Research Institute, plus de la moitié des 18-24 ans (53 %) déclarent être prêts à démissionner s'il est impossible de télétravailler dans leur entreprise. Et, plus d'un quart (27 %) des 18-34 ans cette fois déclarent que la flexibilité est ce qu'ils recherchent avant tout dans un emploi.

Une demande à laquelle les entreprises se doivent impérativement de répondre sous peine de voir les talents du marché leur échapper. Les données issues de l’enquête LinkedIn 2022 Global Talent Trends ne disent pas autre chose. Selon ces dernières, les employés qui sont satisfaits de la flexibilité horaire et géographique de leur entreprise sont 2,6 fois plus susceptibles de se déclarer satisfaits et 2,1 fois plus enclins à recommander de travailler pour l’entreprise. A bon entendeur…

[1] Wales on line (08/07/2022)

[2] CNBC (17/03/2022)

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