Flexible jobs : naissance d’un écosystème

Sep 5, 2022

Vers la fin du 9 h-17 h ? Les études se suivent et disent toutes la même chose. A l’heure de la Grande Démission, les salariés sont, d’abord et avant tout, en quête de flexible jobs.

 Selon le rapport « The future of time » publié par la société Adobe, 51 % des répondants issus de sept pays (Royaume-Uni, Etats-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande, France, Allemagne, et Japon) affirment qu’ils aimeraient disposer d’une complète flexibilité concernant leur emploi du temps.

 De son côté, une enquête menée par CNBC montre que les salariés américains valorisent désormais autant la notion de flexibilité au travail qu’une hausse de salaire de 10 %. 

Flexible jobs : une définition

Mais qu’entendent les employés par flexible jobs ?  Ce que réclament ces derniers aujourd’hui peut se résumer en un seul mot : autonomie, c'est-à-dire le pouvoir de travailler d’où ils le veulent quand ils le veulent. 

Comme l’affirme Holger Reisinger [1], vice-président senior de la société Jabra, « Des politiques de travail flexibles dignes de ce nom placent la confiance au premier plan, permettant aux employés de choisir quand et où ils travaillent le mieux, même si cela ne correspond pas à l'horaire traditionnel de neuf à cinq. (…) Les employés disposant d'une autonomie totale pour choisir où et quand ils travaillent ont signalé les niveaux les plus élevés d'inclusion, de productivité, de confiance et de bien-être par rapport aux employés dont l'autonomie en matière de lieu et d'horaire est limitée ».

Le cabinet McKinsey & Company ne dit  pas autre chose. Dans un article [2] consacré au sujet, ces derniers estiment que les salariés attendent de leurs employeurs « une flexibilité radicale » et que « les organisations ne peuvent pas se permettre de rater le coche ». 

Attention, pour les analystes de la firme américaine, pas question de faire du « flex-washing ». Comme le précisent, par exemple, ces derniers, « les modèles de travail hybrides avec des journées fixes au bureau sont faussement flexibles »

Et de poursuivre : « Il est temps pour [ces dernières] de transformer radicalement leur concept de flexibilité. Les employés d'aujourd'hui exigent une flexibilité adaptée à leurs besoins spécifiques, qu'il s'agisse de l'équilibre travail-vie personnelle, de la santé physique et émotionnelle ou de la prise en charge de leur famille ». A défaut, estime McKinsey, le risque pour toute entreprise « est de perdre des personnes et de ne pas attirer les talents cruciaux ».

Jobgether, tête de prou d’un nouvel écosystème

En la matière, de nombreuses entreprises, c’est incontestable, restent à la traîne. Mais d’autres, conscientes des enjeux, ont choisi d’embrasser la révolution de la flexibilité. A vrai dire, c’est en ce moment tout l’écosystème des flexibles jobs qui est en train de naître. Les exemples sont multiples qu’il s’agisse de trouver des offres d’emploi flexibles, des logements destinés au full remoters qui peuvent ainsi travailler depuis le lieu de leur choix, ou d’obtenir les autorisations permettant d’y travailler dans la durée quand on souhaite s’installer dans un pays étranger.

Emplois : 

Pas de doute, pour trouver le flexible job qui vous correspond, une adresse, la nôtre. Le site Jobgether propose 10 000 emplois dans environ 1 000 entreprises flexibles dont des start-up, scale-up et licornes. Il permet à des personnes qualifiées de postuler au job qui correspond à leur mode de vie. A chaque entreprise, Jobgether attribue un score de flexibilité calculé selon trois dimensions :

1 Où ? Remote/Hybride : fréquence et flexibilité sur la zone géographique 

2 Quand ? Flexibilité sur les horaires, semaine de 4 jours, périodes de vacances, etc.

3 Comment ? Type de contrat proposé, slashing, freelancing, etc.

Logements : 

Il n’est pas toujours facile de trouver le logement qui répond aux besoins d’un télétravailleur, particulièrement si celui-ci choisit d’exercer hors de son territoire national. Mais là encore, les solutions existent. Airbnb a décidé de s’associer à vingt destinations dans le monde qui vont des Ile canaries à Bali, en passant par plusieurs villages ruraux français afin d’encourager télétravail et flexibilité. Le géant de l’hébergement n’est pas le seul sur le créneau. La société Remoters aide ainsi  les télétravailleurs à trouver un logement à l’étranger s’ils décident de s’y installer plus d’un mois.

Autorisations administratives :

Nous avons consacré récemment un article au sujet. Mais dans le domaine, les choses évoluent très vite. La liste des pays offrant aux nomades digitaux des visas spécialement fait pour eux ne cesse de grandir. En février 2021, elle ne comprenait que 21 Etats. Aujourd’hui, ils sont déjà 44 avec, tout récemment, l’arrivée de la Lettonie et de Grenade. 

La grande révolution du travail flexible, on le voit, est en cours. Son écosystème se constitue jour après jour. Et en la matière, il n’y aura pas de retour. 

[1] Companies are ‘flex-washing’ to attract talent—but there will be a backlash” Fortune (08/29/2022)

[2] “Three types of modern flexibility today’s workers demand” (04/25/2022)



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